
Le 29 septembre dernier, à l’initiative du député Daniel LABARONNE, avec Baudouin de Saint-Léger et So Chasse, l’Assemblée Nationale accueillait un colloque consacré à une dimension encore trop peu présente dans le débat public : la contribution économique de la chasse et son rôle dans la vitalité de nos territoires.
La chasse est régulièrement abordée sous l’angle de la réglementation, de la sécurité, de la biodiversité ou de la gestion des espaces naturels. Pourtant, elle représente également une véritable filière économique, qui mobilise des entreprises, soutient des emplois, entretient des savoir-faire et participe directement à l’activité de nombreux territoires ruraux.
Avec près de 964 000 chasseurs, 37 400 emplois équivalents temps plein, 3,6 milliards d’euros de contribution au PIB et 1,6 milliard d’euros de recettes fiscales et sociales, les chiffres témoignent de l’importance de cette activité. L’étude FNC-Randea évoque par ailleurs 4,2 milliards d’euros de dépenses des chasseurs, illustrant l’ampleur des flux économiques générés par la pratique.
Mais au-delà des chiffres, une question essentielle mérite d’être posée : où va réellement l’argent dépensé par les chasseurs, et combien d’acteurs économiques en bénéficient ?
C’est précisément l’approche retenue lors de ce colloque : suivre le parcours de la dépense cynégétique, depuis l’achat initial jusqu’à ses retombées indirectes, pour mieux comprendre comment elle irrigue l’économie locale.
Armuriers, fabricants, importateurs, distributeurs, artisans, logisticiens, transporteurs, professionnels du numérique, restaurateurs, hôteliers, gestionnaires de domaines, éleveurs et spécialistes du matériel : derrière chaque équipement, chaque journée de chasse ou chaque séjour cynégétique se trouve tout un réseau d’entreprises et de compétences.
Pour le SNAFAM, cette réalité mérite une attention particulière. L’armurerie ne se résume pas à la vente d’armes et de munitions : elle s’inscrit dans un écosystème économique plus large, qui fait intervenir des fabricants, des distributeurs, des techniciens, des transporteurs et de nombreux prestataires. Le commerce de proximité, les services spécialisés et le développement du numérique participent également à la vitalité de cette filière.
Les échanges ont permis d’explorer plusieurs dimensions concrètes de cette économie :
➡️ Les armureries et leur écosystème professionnel, de la distribution des armes, des munitions et des optiques à l’entretien, au réglage, à la formation et aux services associés.
➡️ Les métiers d’art et les savoir-faire spécialisés, notamment dans la fabrication, la restauration et la personnalisation des équipements, qui contribuent à préserver des compétences parfois rares.
➡️ Le numérique et le commerce en ligne, qui ouvrent de nouveaux débouchés aux professionnels et permettent à des commerces implantés dans les territoires de toucher une clientèle plus large.
➡️ Le tourisme cynégétique et l’économie rurale, à travers l’hébergement, la restauration, les déplacements et les achats auprès des entreprises locales.
➡️ La valorisation de la venaison et la filière canine, qui représentent également des perspectives d’activité pour de nombreux professionnels.
Un autre enseignement mérite d’être souligné : les retombées de la chasse ne s’arrêtent pas aux dépenses directement liées à sa pratique. Une journée de chasse peut faire travailler un restaurateur, un hôtelier, un agriculteur ou un artisan. L’entretien d’un véhicule, les soins apportés aux chiens ou la restauration d’une arme mobilisent, à leur tour, de nombreux métiers.
À cette activité marchande s’ajoute le bénévolat des chasseurs, dont l’engagement contribue à l’entretien et à l’aménagement des territoires. Une contribution réelle, qui ne se mesure pas uniquement à travers les factures et les chiffres d’affaires.
Un grand merci à Marie-Laetitia des ROBERT, Julien Gingembre, Christophe Bouyer, Thomas de Villefranche, Gilles de Puyneuf, Mathieu Sarazin, Charlotte de Fougères, Stéphane d’Adeler, Daphné de Roquefeuil, Joël Danthu, Philippe Bernon, Maximilien de Vibraye et Fleur-Marie Desfougères pour leurs témoignages et leurs éclairages.
Trois enseignements majeurs se dégagent de cette rencontre :
➡️ La chasse constitue un moteur d’activité et d’emploi pour de nombreux secteurs économiques.
➡️ Elle contribue au maintien des commerces, des entreprises et des savoir-faire dans les territoires, bien au-delà du seul monde cynégétique.
➡️ Cette filière évolue, innove et doit pouvoir s’appuyer sur ses compétences, ses entreprises et ses perspectives de développement pour continuer à créer de la valeur.
Pour le SNAFAM, mieux faire connaître cette réalité est essentiel. Reconnaître le poids économique de la chasse, c’est aussi rendre visible le rôle des professionnels qui l’accompagnent au quotidien et la contribution des entreprises de la filière à l’économie française.
Défendre et valoriser la filière cynégétique, c’est aussi défendre des métiers, des entreprises, des emplois et des savoir-faire qui font vivre nos territoires. Une réalité économique qui mérite d’être pleinement reconnue et mieux comprise dans le débat public.



©️Photos : Jean-Christophe Marmara
