Le SNAFAM était présent à la cérémonie des vœux de la CPME nationale, organisée le 21 janvier 2026. Cet évènement a permis de partager une lecture lucide de l’année écoulée, mais aussi de tracer des perspectives claires pour les entreprises, dans un contexte économique, politique et géopolitique profondément transformé.
Un discours de vérité sur l’année 2025 et la résilience des entreprises
Dans son discours, le président de la CPME, Amir Reza-Tofighi, est revenu sur une année 2025 marquée par de fortes turbulences : instabilité politique, catastrophes naturelles, défaillances d’entreprises record, durcissement des équilibres mondiaux et pression normative accrue sur les entreprises.
Pour autant, loin d’un constat uniquement pessimiste, il a souligné la résilience du tissu économique français, rappelant que la croissance s’est finalement révélée supérieure aux prévisions, portée par l’engagement quotidien des entrepreneurs et des salariés, par la résistance de l’emploi et par de bons résultats à l’export, notamment grâce à l’apprentissage.
Il a également mis en avant un frémissement au niveau européen, avec le retour des notions de souveraineté économique et de simplification réglementaire dans le débat public, sous l’impulsion de la France.
Trois défis historiques pour les entreprises et pour le pays
Le président de la CPME a structuré son propos autour de trois grands rendez-vous historiques que les entreprises et les organisations patronales ne peuvent se permettre de manquer.
Le premier concerne les grandes transitions et la souveraineté. Il a rappelé que la transition écologique est indispensable, mais qu’elle ne peut réussir que si elle s’appuie sur les entreprises, sans opposer écologie et économie. La CPME a notamment obtenu des ajustements sur la CSRD afin d’éviter une explosion bureaucratique, tout en maintenant l’ambition environnementale. La souveraineté – économique, industrielle, alimentaire, médicale et numérique – a été présentée comme une priorité stratégique, non pour se fermer, mais pour rester maîtres de notre avenir.
Le deuxième défi est celui de l’intelligence artificielle, qualifiée de transformation majeure et non marginale. L’enjeu est clair : permettre à toutes les entreprises, et pas seulement aux grandes, de s’approprier l’IA pour gagner en productivité, créer de la valeur et renforcer la souveraineté numérique européenne. La CPME a annoncé en faire un chantier prioritaire de son mandat.
Le troisième défi est celui de l’alignement compétitif et normatif. Amir Reza-Tofighi a alerté sur un modèle français qui pénalise excessivement les entreprises par l’empilement des normes, la fiscalité et le coût du travail. Il a rappelé qu’un modèle social fort ne peut durablement exister sans une économie solide pour le financer, plaidant pour davantage de cohérence et de visibilité.
Une CPME en transformation pour rester pleinement utile
Au-delà des enjeux économiques, le président de la CPME a présenté une feuille de route ambitieuse pour l’organisation elle-même. L’année 2026 sera celle de la transformation, autour de trois chantiers structurants : l’organisation interne, l’identité de la CPME et sa gouvernance.
L’objectif est clair : renforcer l’efficacité, l’agilité et la représentativité de la CPME, afin de mieux accompagner les entrepreneurs et de peser dans les grandes échéances politiques à venir, en particulier les élections municipales et présidentielle.
Concernant le budget 2026, le président a reconnu qu’il n’était pas à la hauteur des attentes, tout en soulignant que plusieurs lignes rouges avaient été préservées, notamment sur les allègements de charges, le Pacte Dutreil et les holdings. Il a appelé à un vote de compromis pour redonner de la visibilité au monde économique.

